Entre le Mont-Dore et Chambon-sur-Lac, le col de la Croix-Morand ouvre une belle porte sur les monts Dore. J’y vois à la fois un point de passage routier, un excellent départ de randonnée et un balcon naturel sur les estives du massif du Sancy. Voici ce qu’il faut savoir sur l’accès, les sommets voisins, les itinéraires et les précautions utiles avant de partir.
Un col d’altitude idéal pour explorer les monts Dore
- Altitude : le col se situe à environ 1 401 m.
- Accès : la D996 relie le Mont-Dore à Chambon-sur-Lac, avec un parking au col.
- Randonnée facile : le puy de la Tache représente environ 3 km aller-retour et 1 heure de marche.
- Itinéraire emblématique : le GR4 traverse le secteur et rejoint plusieurs sommets des crêtes.
- Prudence : la route peut être fermée en hiver et la météo change rapidement sur les hauteurs.

Le col de la Croix-Morand, un passage au cœur des monts Dore
Situé dans le Puy-de-Dôme, sur la commune de Chambon-sur-Lac, le col culmine à 1 401 mètres. Il relie la vallée de la Dordogne, côté Mont-Dore, à la vallée de la Couze Chambon et au lac Chambon. Son autre nom, le col de Dyane, rappelle l’histoire ancienne de ce passage entre les deux versants du massif.
Le paysage est typique des hauts reliefs volcaniques d’Auvergne. Les arbres laissent place aux pâturages d’altitude, aux puys arrondis et aux lignes de crête largement exposées au vent. Par temps clair, le regard porte vers le Mont-Dore, le puy de Sancy et les sommets voisins.
Il ne faut pas confondre le col avec le puy de la Croix-Morand, un relief proche qui porte un nom presque identique. Cette distinction est utile lorsque l’on prépare une randonnée ou que l’on suit une trace GPS.
Pourquoi ce site attire autant les randonneurs et les cyclistes
Le col est d’abord un lieu de départ pratique. Le parking permet de commencer directement sur les crêtes, sans absorber un long dénivelé depuis la vallée. Pour une première découverte, je trouve ce point de départ particulièrement intéressant, car le panorama arrive rapidement et l’on peut adapter facilement la durée de la sortie.
Le GR4 traverse le secteur sur un axe nord-sud. Ce sentier de grande randonnée permet de rejoindre le puy de la Tache, le puy de Monne, le puy de Barbier et, selon l’itinéraire choisi, le puy de l’Angle. Le balisage blanc et rouge du GR4 complète les indications locales, généralement jaunes pour les promenades et randonnées.
Les cyclistes apprécient également la montée depuis le lac Chambon, dont la pente moyenne est d’environ 5,5 %. Ce chiffre reste raisonnable pour un cyclotouriste entraîné, mais la longueur, le vent et les changements de météo peuvent rendre l’ascension plus exigeante qu’elle n’en a l’air. Je conseille de garder une marge dans les jambes, surtout si le col n’est qu’une étape d’un circuit plus long.
Le lieu possède aussi une vraie dimension culturelle. Il a été franchi à plusieurs reprises par le Tour de France et a inspiré une chanson de Jean-Louis Murat. Une ancienne légende racontait même que le col « prenait un homme chaque année », en raison de ses hivers particulièrement rudes. C’est une histoire locale, mais elle rappelle une réalité toujours actuelle, celle de l’exposition des crêtes.
Trois façons de découvrir les sommets voisins
Le choix de l’itinéraire dépend surtout du temps disponible et de l’état du terrain. Les distances peuvent varier selon les variantes, les détours et les conditions de marche. Le tableau suivant donne des repères simples pour organiser la sortie.
| Objectif | Repère pratique | Pour quel public |
|---|---|---|
| Puy de la Tache | Environ 3 km aller-retour, autour de 1 h | Débutants et familles habituées à marcher |
| Crêtes vers le puy de l’Angle | Sortie plus longue, avec plusieurs montées et descentes | Randonneurs réguliers |
| Traversée par le GR4 | Étape intégrée à un itinéraire de plusieurs heures ou plusieurs jours | Marcheurs autonomes et bien équipés |
La montée au puy de la Tache
C’est l’option la plus accessible depuis le col. Le sentier suit le GR4 en direction du Mont-Dore et gagne rapidement un sommet à environ 1 632 mètres. L’effort reste court, mais le terrain peut devenir glissant après la pluie et la pente se ressent davantage à la descente.
La prolongation vers le puy de l’Angle
Pour une sortie plus sportive, on peut poursuivre sur les crêtes en direction du puy de Monne, du puy de Barbier puis du puy de l’Angle, qui atteint environ 1 738 mètres. Cette variante offre une lecture plus complète du relief, avec des vues ouvertes sur le Mont-Dore et les vallées, mais elle demande de prévoir plusieurs heures et une météo stable.
Je déconseille de choisir cette option uniquement pour atteindre un chiffre d’altitude. L’intérêt est dans l’enchaînement des sommets, les changements de perspective et l’ambiance des estives. Par brouillard, la visibilité réduite peut en revanche compliquer l’orientation.
Préparer une sortie sans sous-estimer la montagne
L’accès routier se fait par la D996, depuis le Mont-Dore ou Chambon-sur-Lac. La route d’altitude peut nécessiter des équipements en hiver et être fermée à la circulation. Des travaux de sécurisation ont également concerné cet axe en 2026, ce qui rend indispensable la vérification de l’état de la route avant le départ.
Le col dispose d’un parking et de toilettes publiques, mais il ne faut pas compter sur un ravitaillement complet sur place. Je prends toujours de l’eau, une collation, une veste coupe-vent et une carte hors ligne. Même en été, un nuage bas peut faire perdre plusieurs degrés en quelques minutes.
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Les équipements selon la saison
- De mai à octobre : chaussures avec une bonne accroche, protection solaire, coupe-vent et réserve d’eau.
- Au printemps et en automne : bâtons utiles sur les passages boueux et vêtements chauds supplémentaires.
- En hiver : consulter les conditions routières et nivologiques, puis prévoir raquettes ou équipement antidérapant selon l’enneigement.
- Par brouillard : rester sur le balisage, ralentir et renoncer aux crêtes si l’orientation devient incertaine.
Les troupeaux fréquentent généralement les estives entre mai et octobre. Il faut contourner les animaux, refermer les barrières et tenir son chien en laisse. Ces gestes simples protègent à la fois les randonneurs, les éleveurs et un milieu montagnard particulièrement fragile.
Comprendre le paysage plutôt que seulement le traverser
Les monts Dore sont un ancien ensemble volcanique profondément remodelé par l’érosion et les glaciations. Depuis le col, les formes douces des puys contrastent avec les vallées encaissées et les reliefs plus hauts du massif du Sancy. Cette géologie explique la succession de pâturages, de zones humides et de pentes rocheuses.
Les estives ne sont pas des espaces vides. Elles accueillent une flore adaptée au froid, des insectes, des oiseaux de montagne et une activité pastorale qui entretient les milieux ouverts. En restant sur les sentiers, je limite le piétinement et je conserve les meilleures chances d’observer la faune sans la déranger.
Le meilleur moment pour les panoramas se situe souvent tôt le matin, lorsque la lumière souligne les vallées et que le vent reste modéré. En milieu de journée, la fréquentation augmente et les nuages peuvent se former rapidement autour des sommets. Pour moi, la qualité de la sortie dépend autant de cette heure de départ que de la difficulté choisie.
Le bon souvenir commence par un départ bien choisi
Le col de la Croix-Morand convient aussi bien à une courte montée vers le puy de la Tache qu’à une traversée plus ambitieuse des crêtes du Sancy. Son altitude modérée ne doit pas faire oublier l’exposition, le vent et la rapidité des changements météorologiques. Avec une carte, un équipement adapté et un itinéraire proportionné à son niveau, on profite d’un des plus beaux passages des monts Dore sans banaliser la montagne.