Le sac est prêt, mais le choix des journées peut faire toute la différence entre un trek agréable et une suite de longues étapes difficiles à encaisser. Le GR 70, ou chemin de Stevenson, relie les hauts plateaux du Velay aux vallées cévenoles sur environ 270 à 272 km. Je détaille ici le découpage de référence, les portions adaptées à une semaine ou à quelques jours, ainsi que les points pratiques à anticiper pour marcher sereinement.
Le GR 70 se parcourt mieux avec des étapes adaptées au relief et à son propre rythme
- 12 étapes principales relient Le Puy-en-Velay à Saint-Jean-du-Gard, avec une extension possible jusqu’à Alès.
- Les journées mesurent environ 13 à 29 km, avec un dénivelé positif pouvant atteindre 820 m.
- Le passage du Mont Lozère et l’étape vers Florac demandent le plus d’endurance.
- Une traversée complète demande généralement 12 à 14 jours, selon les pauses et les variantes.
- La période la plus simple s’étend de mai à octobre, en vérifiant les ouvertures des hébergements.

Le bon découpage pour comprendre l’itinéraire
Le chemin suit les traces du voyage accompli par Robert Louis Stevenson en 1878 avec son ânesse Modestine. Le tracé historique commence au Monastier-sur-Gazeille et s’achève à Saint-Jean-du-Gard, tandis que les versions pratiques ajoutent un départ depuis Le Puy-en-Velay et une arrivée à Alès.
Cette différence explique pourquoi les documents annoncent parfois 270 km ou 272 km. Les chiffres varient légèrement selon les points de départ, les variantes retenues et la précision du calcul GPS. Pour préparer une randonnée, je conseille surtout de regarder la distance de chaque journée plutôt que de chercher un total parfaitement identique partout.
Les 12 étapes de référence
| Étape | Parcours | Distance | Dénivelé positif | Point d’attention |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Le Puy-en-Velay - Le Monastier-sur-Gazeille | 19 km | 550 m | Mise en jambes vallonnée |
| 2 | Le Monastier-sur-Gazeille - Le Bouchet-Saint-Nicolas | 24 km | 650 m | Plateaux volcaniques et dénivelé régulier |
| 3 | Le Bouchet-Saint-Nicolas - Pradelles | 21 km | 250 m | Journée plus accessible |
| 4 | Pradelles - Cheylard-l’Évêque | 22 km | 390 m | Transition vers le Gévaudan |
| 5 | Cheylard-l’Évêque - La Bastide-Puylaurent | 27 km | 655 m | Longue journée, à ne pas sous-estimer |
| 6 | La Bastide-Puylaurent - Chasseradès | 13 km | 350 m | Étape courte idéale pour récupérer |
| 7 | Chasseradès - Le Bleymard | 17 km | 610 m | Approche du Mont Lozère |
| 8 | Le Bleymard - Le Pont-de-Montvert | 19 km | 820 m | Ascension du pic de Finiels |
| 9 | Le Pont-de-Montvert - Florac | 29 km | 690 m | La plus longue étape du découpage classique |
| 10 | Florac - Cassagnas | 19 km | 340 m | Retour à un rythme plus souple |
| 11 | Cassagnas - Saint-Étienne-Vallée-Française | 24 km | 350 m | Premières ambiances cévenoles |
| 12 | Saint-Étienne-Vallée-Française - Saint-Jean-du-Gard | 13 km | 480 m | Fin du parcours historique |
| 13, optionnelle | Saint-Jean-du-Gard - Alès | 23 km | 850 m | Extension pratique, mais exigeante |
Le dénivelé ne raconte pas tout. Une journée de 19 km sur le Mont Lozère peut demander davantage d’énergie qu’une journée de 24 km sur un plateau. De mon point de vue, l’enchaînement Le Bleymard - Le Pont-de-Montvert - Florac est le véritable test du trek, car il combine altitude, descentes marquées et distance importante le lendemain.
Choisir sa portion selon le temps disponible
Il n’est pas nécessaire de parcourir tout le chemin pour en profiter. Les quatre grands secteurs, le Velay, le Gévaudan, le Mont Lozère et les Cévennes, offrent des expériences assez différentes. Je préfère une portion bien choisie à une intégrale menée au pas de course.
| Temps disponible | Portion conseillée | Ce qu’elle permet de découvrir | Vigilance |
|---|---|---|---|
| 3 jours | Le Puy-en-Velay - Pradelles | Volcans, hauts plateaux et premiers villages du Velay | Environ 64 km, avec deux journées assez longues |
| 4 jours | La Bastide-Puylaurent - Florac | Forêts, Mont Lozère et paysages d’altitude | Environ 78 km, dont une journée de 29 km |
| 7 jours | Le Puy-en-Velay - Chasseradès | Velay et Gévaudan dans une progression régulière | Environ 126 km, idéal pour une première itinérance |
| 7 à 8 jours | Chasseradès - Saint-Jean-du-Gard | Mont Lozère et vallées cévenoles | Relief plus marqué, surtout autour de Florac |
| 12 à 14 jours | Le Puy-en-Velay - Alès | La traversée complète du Massif central aux Cévennes | Prévoir une marge en cas de fatigue ou de météo défavorable |
Pour une première expérience, la portion du Puy-en-Velay à Chasseradès me paraît particulièrement équilibrée. Le corps a le temps de s’habituer aux journées de marche et les étapes restent plus faciles à ajuster qu’au cœur du Mont Lozère.
À l’inverse, la partie Chasseradès - Saint-Jean-du-Gard offre les paysages les plus contrastés, mais elle pardonne moins les erreurs de planning. Les villages sont nombreux, toutefois les transports publics ne desservent pas chaque point du parcours avec la même régularité.
Réserver les nuits et gérer le ravitaillement
Le GR 70 traverse suffisamment de villages pour permettre une randonnée en gîte, en chambre d’hôtes, à l’hôtel ou sous tente. En haute saison, je réserverais les hébergements plusieurs semaines à l’avance, surtout pour les petites structures qui disposent parfois de moins de quinze places.
À titre de repère, les tarifs observés dans les hébergements du parcours peuvent commencer autour de 22 à 40 euros pour une nuit en gîte, tandis que la demi-pension se situe souvent entre 45 et 68 euros par personne dans les formules les plus simples. Le camping reste généralement moins coûteux, avec des emplacements randonneurs autour de 10 à 20 euros, mais les prix changent selon la saison et les services inclus.
Prévoir l’eau et les repas
Je pars toujours avec au moins 1,5 litre d’eau, davantage lors des journées chaudes ou isolées. Une fontaine de village ne doit pas automatiquement être considérée comme potable, et les points d’eau peuvent être espacés ou temporairement indisponibles.
- Gardez une réserve de nourriture pour le déjeuner et une collation énergétique.
- Profitez des bourgs comme Pradelles, Langogne, Florac ou Saint-Jean-du-Gard pour refaire les provisions.
- Ne comptez pas sur une boulangerie ouverte chaque jour dans les hameaux.
- Demandez à l’hébergeur, lors de la réservation, s’il propose un panier-repas.
Alléger le sac
Le transport des bagages peut être très utile sur une intégrale, particulièrement si vous marchez avec des enfants ou si vous souhaitez conserver un rythme confortable. Il fonctionne surtout d’avril à octobre et doit être organisé à l’avance, avec des consignes précises sur les lieux et les horaires de dépôt.
Sans transfert, je viserais un sac de 8 à 10 kg hors eau pour une randonnée en hébergement. Une tente, un matelas et du matériel de cuisine font rapidement dépasser ce poids, mais l’autonomie offre en contrepartie davantage de souplesse dans le choix des nuits.
Gérer le relief, la météo et les milieux naturels
Le parcours est balisé en blanc et rouge et ne présente pas de difficulté technique comparable à un itinéraire alpin. Il demande toutefois une vraie endurance, avec des journées de 13 à 29 km et des dénivelés positifs qui peuvent dépasser 800 mètres.
Je recommande de prévoir une moyenne de 3 à 4 km par heure sur terrain roulant, moins dans les montées et sur les chemins caillouteux. Pour une étape de 20 km, cela représente souvent 5 à 7 heures de marche effective, sans compter les pauses, les repas et les arrêts dans les villages.Le matériel qui fait réellement la différence
- Des chaussures déjà rodées avec une semelle suffisamment accrocheuse.
- Une veste imperméable, une couche chaude et une protection contre le soleil.
- Une trousse légère pour les ampoules, les petites plaies et les douleurs musculaires.
- Une carte ou un topoguide en complément du téléphone et de la trace GPS.
- Une batterie externe, car certains secteurs offrent peu de possibilités de recharge.
La période la plus simple va de mai à octobre. Mai et juin offrent une végétation remarquable, tandis que septembre et octobre sont souvent agréables pour leurs couleurs et une fréquentation plus modérée. En dehors de cette période, le brouillard, le gel ou la neige peuvent masquer le balisage, notamment sur les hauteurs du Mont Lozère.
Lire aussi : GR4 Cantal - itinéraire, étapes et conseils pour bien partir
Randonner avec moins d’impact
Le chemin traverse des espaces ruraux et des milieux sensibles. Je reste sur le tracé balisé, je referme les clôtures, je limite les pauses dans les zones humides et je repars avec tous mes déchets, y compris les restes alimentaires.Le bivouac doit être vérifié au cas par cas, car les règles peuvent dépendre des communes, des espaces protégés et du statut du terrain. Monter tard, repartir tôt et ne laisser aucune trace est la meilleure manière de préserver l’accueil des habitants et la qualité des paysages.
Le découpage qui laisse de la place au voyage
Pour une première intégrale, je choisirais 13 à 14 jours plutôt que de vouloir tenir absolument en douze. L’étape courte de La Bastide-Puylaurent permet de récupérer, et une nuit supplémentaire à Saint-Jean-du-Gard évite de transformer la fin du trek en simple correspondance vers Alès.
Les étapes du GR 70 ne sont pas des cases obligatoires. Elles servent de repères, mais le meilleur itinéraire reste celui qui tient compte de votre condition physique, de la météo, des hébergements disponibles et du temps que vous souhaitez réellement consacrer aux paysages traversés.