Quand on arrive au lac Mývatn en Islande, on découvre bien plus qu’un miroir d’eau posé dans un paysage volcanique. Le site réunit pseudocratères, champs de lave, zones géothermiques, oiseaux migrateurs, gorges et cascades puissantes. Je vous propose ici un itinéraire concret, les sites à privilégier, la meilleure saison et les précautions qui font réellement la différence.
Les repères essentiels pour découvrir Mývatn sans courir
- 37 km² de superficie et une profondeur moyenne d’environ 2,5 m.
- Un paysage né d’éruptions volcaniques il y a environ 2 300 ans.
- Les incontournables sont Skútustaðagígar, Dimmuborgir, Hverfjall et Hverir.
- Une journée suffit pour les points majeurs, mais deux jours permettent de marcher sans précipitation.
- Le secteur appartient à une zone naturelle protégée, particulièrement sensible au piétinement.
Un lac volcanique peu profond au cœur du Nord islandais
Mývatn se trouve dans le nord-est de l’Islande, près du volcan Krafla et de la route circulaire n° 1. Le lac couvre environ 37 km², mesure près de 8,5 km de long et reste étonnamment peu profond, avec une moyenne proche de 2,5 m et un maximum d’environ 4,5 m.
Cette faible profondeur permet à la lumière d’atteindre facilement les fonds et favorise une vie aquatique abondante. Le lac et les zones humides voisines attirent de nombreux canards, harles et autres oiseaux d’eau. Le nom Mývatn signifie d’ailleurs « lac des moucherons », en référence aux petits insectes qui apparaissent surtout en été et constituent une ressource importante pour les oiseaux.
Le relief actuel s’est formé lorsque des coulées de lave ont rencontré des terrains humides et de l’eau souterraine. Les explosions de vapeur ont créé les pseudocratères, tandis que d’autres éruptions ont façonné les piliers de lave, les cratères et les champs noirs qui entourent le lac. C’est cette proximité entre eau, feu et zones humides qui rend le paysage si particulier.
Les sites qui donnent son relief au paysage
Skútustaðagígar pour comprendre les pseudocratères
Au sud du lac, les pseudocratères de Skútustaðagígar forment un ensemble de buttes circulaires couvertes d’herbe. Ils ne sont pas de véritables volcans, car aucune cheminée ne relie ces formes au magma. Ils sont nés d’explosions de vapeur lorsque la lave en fusion a recouvert des zones humides.
Les sentiers sont relativement faciles et offrent une première approche idéale du site. Je recommande cette étape en début de journée, lorsque la lumière souligne les reliefs et que les oiseaux sont souvent plus actifs. Il faut rester sur les chemins balisés, car les berges et les sols humides se dégradent rapidement.
Dimmuborgir et Hverfjall pour marcher dans la lave
Dimmuborgir, parfois appelé la « forteresse sombre », rassemble des arches, des tunnels et des colonnes de lave aux silhouettes presque architecturales. Plusieurs boucles de promenade existent, depuis une courte balade jusqu’à un parcours plus long. Le site convient bien aux familles, à condition de prévoir des chaussures offrant une bonne adhérence.
À proximité, le cratère Hverfjall impressionne par sa forme presque parfaite. Il mesure environ 1 000 m de diamètre et atteint près de 140 m de profondeur. La montée est courte mais raide, puis le chemin suit le bord du cratère. Le vent y est souvent beaucoup plus fort qu’au niveau du parking, un détail que les visiteurs sous-estiment fréquemment.
Hverir et Krafla pour sentir l’activité de la Terre
À Hverir, le sol fume, les mares de boue bouillonnent et les fumerolles libèrent une odeur soufrée très marquée. Le terrain peut dépasser 200 °C dans certaines zones chaudes. Les barrières ne sont pas décoratives, il ne faut jamais les franchir ni poser le pied sur une croûte apparemment sèche.
La région de Krafla complète bien la visite avec le cratère Víti et les terrains de lave de Leirhnjúkur. Les couleurs minérales, la vapeur et les fissures donnent une impression presque extraterrestre. Ce secteur est plus exposé et certaines pistes peuvent être difficiles d’accès en dehors de la belle saison.
La grotte de Grjótagjá mérite une halte pour son eau bleutée et sa faille volcanique. Elle n’est plus un lieu de baignade sûr, car la température de l’eau n’est pas stable ni contrôlée. Pour se baigner, mieux vaut choisir les bains géothermiques aménagés de Mývatn, dont l’eau se situe généralement autour de 36 à 40 °C.

Du lac aux gorges et aux grandes cascades
Mývatn constitue aussi une excellente base pour explorer le nord de l’Islande. La route touristique du Cercle de diamant relie plusieurs paysages majeurs, dont le lac, Goðafoss, Dettifoss, le canyon d’Ásbyrgi et la ville de Húsavík. L’ensemble représente environ 251 km, ce qui justifie de ne pas vouloir tout faire en quelques heures.
Goðafoss, la cascade facile à intégrer
Goðafoss se trouve sur la route entre Akureyri et Mývatn. La rivière Skjálfandafljót y tombe d’environ 12 m sur 30 m de largeur, dans une série de chutes arrondies. Son accès est simple et les deux rives offrent des points de vue différents.
Je la conseille même aux voyageurs qui disposent de peu de temps. Elle demande moins d’organisation que les sites plus éloignés et donne immédiatement une idée de la puissance des rivières islandaises.
Dettifoss et Ásbyrgi pour une journée plus sauvage
Dettifoss impressionne par son débit et le grondement de l’eau glaciaire. Elle se trouve dans le canyon de Jökulsárgljúfur, un paysage beaucoup plus brut que les abords du lac. Les accès peuvent varier selon l’état des routes, surtout au printemps et en hiver, il faut donc vérifier les conditions avant de partir.
Le canyon d’Ásbyrgi apporte un contraste saisissant. Sa forme en fer à cheval, ses falaises et sa végétation plus dense créent une atmosphère presque abritée. Je le réserverais à une deuxième journée, car vouloir l’ajouter rapidement après Dettifoss transforme facilement l’excursion en longue course automobile.
Comment organiser une visite utile et réaliste
Le principal point de séjour est Reykjahlíð, sur la rive nord-est. On y trouve des hébergements, quelques restaurants, une station-service et des services pratiques. Depuis Akureyri, il faut compter environ 1 h 15 de route jusqu’au lac par la route n° 1, dans des conditions normales.
| Durée | Programme conseillé | Pour quel voyageur |
|---|---|---|
| Une journée | Skútustaðagígar, Dimmuborgir, Hverir, Hverfjall ou bains géothermiques | Pour voir les grands contrastes autour du lac |
| Deux jours | Le circuit du lac, Krafla, Goðafoss, puis Dettifoss ou Ásbyrgi | Pour marcher davantage et limiter les trajets |
| Trois jours | Mývatn, Cercle de diamant, Húsavík et observation des oiseaux | Pour un séjour nature plus complet |
Avec une voiture classique, les principaux sites proches du lac sont accessibles en été. En hiver, la neige, le vent et la visibilité peuvent modifier complètement les temps de trajet. Je préfère toujours prévoir une marge de plusieurs heures plutôt que d’enchaîner des étapes éloignées dans un itinéraire trop serré.
Les bains de Mývatn sont populaires et les tarifs évoluent selon la période et les créneaux. Une réservation préalable est souvent prudente. Le billet comprend une expérience de détente, pas une baignade dans le lac naturel, dont les rives ne sont pas aménagées pour cet usage.
Quelle saison choisir et quelles précautions prendre
L’été pour les oiseaux et les longues randonnées
De juin à août, les journées sont très longues et les sentiers sont généralement plus accessibles. C’est la meilleure période pour combiner plusieurs randonnées, observer les oiseaux et profiter pleinement des couleurs des zones humides. En contrepartie, les moucherons peuvent être nombreux, surtout par temps calme et près de l’eau.
Un filet de tête, des manches longues et un répulsif rendent la visite beaucoup plus agréable. Les insectes ne sont pas dangereux dans la plupart des cas, mais leurs nuées peuvent gâcher une promenade si l’on n’y est pas préparé.
L’hiver pour le calme et les aurores boréales
Entre l’automne et le début du printemps, la région devient plus silencieuse et offre de bonnes possibilités d’observer les aurores boréales lorsque le ciel est dégagé. La neige transforme les champs de lave et les cratères, mais certains chemins ferment ou deviennent glissants.
Avant chaque déplacement, je conseille de consulter les prévisions météorologiques, l’état des routes et les alertes locales. Il faut aussi garder une batterie de téléphone chargée, des vêtements réellement chauds et suffisamment de carburant, car les services sont espacés.
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Les règles simples qui protègent le site
Les rives du lac, les marais et les formations de lave appartiennent à un environnement fragile. Il ne faut pas sortir des sentiers, grimper sur les structures de lave, nourrir les oiseaux ou utiliser un drone sans vérifier les règles locales. Un seul raccourci pris par des centaines de visiteurs peut créer une érosion durable.
La baignade sauvage est également une mauvaise idée dans les sources et les grottes. La température peut changer rapidement et la qualité de l’eau n’est pas toujours contrôlée. Les espaces aménagés offrent une alternative plus sûre, avec vestiaires, consignes et règles claires.
Le meilleur souvenir de Mývatn se construit lentement
Pour moi, la force de cette destination tient à ses contrastes rapprochés. En moins d’une journée, on peut passer d’un marais fréquenté par les canards à un cratère noir, puis à une zone de boue bouillonnante ou à une cascade glaciaire assourdissante.
Le bon rythme consiste à choisir trois ou quatre sites majeurs, à garder du temps pour marcher et à accepter que la météo décide parfois du programme. Mývatn récompense davantage la curiosité et la patience qu’une simple collection de photos prises depuis un parking.