Avant de monter vers une crête du Sancy, il faut savoir si l’on cherche une ascension rapide, une boucle panoramique ou une immersion dans un paysage volcanique fragile. Le puy de Paillaret répond aux trois envies, à condition de bien comprendre sa position, ses accès et les règles de la réserve naturelle. Je détaille ici l’altitude de 1 721 m, les itinéraires possibles, l’équipement utile et les précautions à prendre sur place.
Un sommet volcanique discret entre randonnée, panorama et nature protégée
- Situation : dans les monts Dore, au sud-est du puy de Sancy, dans le Puy-de-Dôme.
- Altitude : 1 721 m, avec une vue ouverte sur l’Artense, le Cézallier et les monts du Cantal.
- Accès le plus court : environ 250 m depuis le col de Couhay, mais ce col doit lui-même être rejoint à pied.
- Paysage : dôme volcanique, éboulis, anciennes coulées de lave et milieux subalpins.
- Prudence : météo changeante, terrain irrégulier et règles de protection liées à la réserve naturelle.

Un sommet méridional des monts Dore
Le puy de Paillaret est un sommet des monts Dore, dans le Massif central, en Auvergne-Rhône-Alpes. Il se trouve dans le département du Puy-de-Dôme, entre Picherande et Besse-et-Saint-Anastaise, légèrement à l’écart de la grande ligne de crête qui relie le Sancy au puy de la Perdrix.
Avec ses 1 721 m, il est moins haut que le puy de Sancy, qui atteint 1 886 m, mais son intérêt ne se résume pas à l’altitude. Sa position méridionale offre une lecture différente du massif, avec des horizons dégagés vers les plateaux de l’Artense, le Cézallier et les reliefs cantaliens.
| Repère | Information |
|---|---|
| Massif | Monts Dore, Massif central |
| Département | Puy-de-Dôme |
| Altitude | 1 721 m |
| Col de liaison | Col de Couhay, entre le sommet et le puy de la Perdrix |
| Accès final | Environ 250 m depuis le col de Couhay |
Ce que j’apprécie ici, c’est justement cette impression de sommet secondaire qui n’a rien de secondaire dans le paysage. On y trouve souvent une ambiance plus calme que sur les itinéraires les plus fréquentés du Sancy, même si la proximité de Super-Besse peut apporter du passage en saison.
Un ancien volcan lisible dans chaque forme du relief
Le relief prend la forme d’un dôme volcanique, intégré au vaste stratovolcan du Sancy. Un stratovolcan est un édifice construit par l’empilement de laves et de matériaux volcaniques au fil de nombreuses phases d’activité, ce qui explique la diversité des formes observées dans le massif.
Autour du sommet, les éboulis et les langues de lave rendent cette histoire géologique particulièrement visible. La roche dominante est l’andésite, une roche volcanique intermédiaire qui résiste différemment à l’érosion et contribue aux reliefs plus découpés des hautes crêtes.
La montagne ne se découvre donc pas seulement par son point culminant. En descendant doucement le long des coulées, on traverse des landes et des prairies d’altitude où l’eau, le vent et le pâturage ont façonné un paysage ouvert. Deux cours d’eau, la Rhue et le ruisseau de Neuffonds, prennent également naissance dans ce secteur.
Quelle randonnée choisir pour atteindre Paillaret
L’accès le plus direct passe par le col de Couhay. La distance finale est courte, mais il serait trompeur de présenter cette montée comme une simple promenade de quelques minutes depuis la vallée. Il faut d’abord rejoindre le col depuis Super-Besse, le col de la Geneste ou un itinéraire venant de Picherande.
| Départ ou approche | Ce que l’itinéraire offre | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Col de Couhay | Accès final très court et vue immédiate sur les crêtes | Terrain caillouteux et exposition au vent |
| Super-Besse | Possibilité de relier le sommet aux crêtes, à la Perdrix ou au Sancy | Dénivelé et fréquentation plus importants |
| Col de la Geneste | Approche par les estives et panorama sur le lac Chauvet et le Cézallier | Sentier plus long, à suivre sans couper dans les pierriers |
| Picherande et Fontaine Salée | Boucles plus sauvages, souvent supérieures à 14 km | Prévoir une vraie journée de randonnée et une carte fiable |
Pour une première découverte, je privilégierais une boucle qui inclut le col de Couhay plutôt qu’un aller-retour isolé. Le sommet devient alors un élément d’un ensemble cohérent, avec les crêtes, les vallées glaciaires et les estives, au lieu d’être seulement un point à cocher.
Les remontées mécaniques de Super-Besse peuvent faciliter l’approche en période d’ouverture, notamment depuis le secteur de la Perdrix. Les horaires, les conditions d’exploitation et les accès évoluent selon la saison, donc je vérifierais toujours les informations locales le jour du départ.
Quand partir et quel équipement prévoir
La période la plus simple reste celle où les sentiers sont dégagés de neige et suffisamment secs. En été, le principal obstacle n’est pas la difficulté technique, mais la combinaison du vent, du brouillard et des changements rapides de visibilité. Un ciel bleu au départ de Super-Besse ne garantit pas les mêmes conditions sur la crête.
Pour une sortie classique, je conseille au minimum :
- des chaussures avec une semelle accrocheuse, car les passages pierreux deviennent glissants sous la pluie ;
- une veste imperméable et une couche chaude, même par temps doux en vallée ;
- au moins 1 litre d’eau par personne, davantage pour une longue boucle ;
- une carte récente ou une trace GPS téléchargée, sans dépendre uniquement du réseau mobile ;
- des bâtons si les genoux sont sensibles dans les descentes ;
- des lunettes, une casquette et une protection solaire, car les crêtes offrent peu d’abri.
En hiver, la courte distance depuis le col peut donner une fausse impression de facilité. Neige soufflée, glace, corniches locales et brouillard changent complètement le niveau de la sortie. Je ne partirais qu’avec un itinéraire adapté aux conditions, un équipement hivernal cohérent et une marge horaire suffisante.
Un espace fragile à parcourir avec retenue
Le sommet se trouve dans un environnement protégé par la réserve naturelle nationale de Chastreix-Sancy. Les landes subalpines, les nardaies, les éboulis et les zones humides accueillent une flore adaptée à des conditions difficiles, mais ces milieux se dégradent vite lorsque les randonneurs élargissent les traces.
Le bon réflexe est simple. Je reste sur le sentier balisé, je ne traverse pas directement les pierriers pour gagner quelques minutes et je referme les clôtures après mon passage. Les chiens et les vélos peuvent être interdits dans les secteurs de réserve, tandis que la cueillette et le dérangement de la faune sont à éviter absolument.
Le site sert aussi d’aire de décollage pour le parapente. Il faut laisser libres les zones de préparation, respecter la signalétique et ne jamais s’approcher d’un décollage lorsque le vent se renforce. Cette cohabitation fonctionne très bien quand chacun garde un œil sur son activité et sur les autres usagers.
La présence de troupeaux mérite la même attention. Un chien, même calme, peut provoquer une réaction imprévisible chez des bovins ou perturber les animaux. Dans le doute, je contourne largement le troupeau et je privilégie le calme plutôt qu’une photo prise au plus près.
Le bon réflexe avant de monter sur cette crête
Ce sommet convient particulièrement à ceux qui veulent découvrir le Sancy sous un angle plus ouvert et plus géologique. Son accès final est court, mais l’expérience complète dépend surtout de l’approche choisie, de la météo et de la capacité à respecter un terrain d’altitude sensible.
Avant de partir, je vérifierais la carte, l’état des sentiers, l’ouverture éventuelle des remontées et les règles locales de la réserve. Avec de bonnes chaussures, une veste coupe-vent et une itinérance raisonnable, le Paillaret offre une randonnée à la fois panoramique, instructive et étonnamment dépaysante au cœur de l’Auvergne.