Le format idéal pour découvrir le Beaufortain sans courir
- Durée : 3 jours et 2 nuits en refuge.
- Itinéraire conseillé : Plan de la Lai, Croix du Bonhomme, Presset, puis retour au Plan de la Lai.
- Difficulté : niveau intermédiaire à confirmé, avec des cols dépassant 2 500 m.
- Dénivelé : environ 1 800 m positifs sur la boucle classique.
- Préparation essentielle : réserver les refuges, vérifier l’enneigement et prévoir une vraie journée de 6 heures de marche.
Trois jours ne remplacent pas la boucle classique
Le Tour du Beaufortain traditionnel est une boucle d’environ six jours, généralement découpée en étapes de 4 à 6 heures, avec 700 à 1 000 m de dénivelé positif par jour. Une version courte ne fait donc pas le tour complet du massif. Elle correspond plutôt à une traversée concentrée sur les paysages les plus emblématiques.
Cette précision change la manière de préparer le séjour. En trois jours, je préfère viser une boucle autonome autour du lac de Roselend et de la Pierra Menta plutôt que vouloir empiler trop de kilomètres. Le site touristique du Beaufortain présente d’ailleurs la grande boucle comme une randonnée de six jours, tandis que les formules courtes se concentrent sur une partie particulièrement spectaculaire du massif.
Le principal intérêt de ce format est son équilibre. On marche suffisamment pour ressentir l’itinérance, mais on limite la fatigue cumulée qui rend la boucle complète plus exigeante. En contrepartie, certaines journées sont plus alpines et la marge d’erreur est faible en cas de mauvais temps.

L’itinéraire conseillé au départ du Plan de la Lai
Pour un trek de trois jours, je recommande une boucle au départ du parking du Plan de la Lai, accessible depuis Beaufort en direction du col du Méraillet et du Cormet de Roselend. Elle suit des portions balisées du GRP Tour du Beaufortain, du GR5 et du GRP Tour du Mont-Blanc.
| Étape | Parcours | Repères | Ce qui demande de l’attention |
|---|---|---|---|
| Jour 1 | Plan de la Lai vers le refuge de la Croix du Bonhomme | Environ 4 h, +615 m | La montée au col de la Sauce et la crête des Gittes |
| Jour 2 | Croix du Bonhomme vers le refuge de Presset | Environ 6 h, +890 m et -806 m | Le col du Grand Fond, à 2 671 m |
| Jour 3 | Presset vers Treicol, Grande Berge et Plan de la Lai | Environ 4 h, +284 m et -980 m | Une longue descente suivie de remontées dans les alpages |
Jour 1 vers la Croix du Bonhomme
Depuis le Plan de la Lai, le sentier monte vers le col de la Sauce, à 2 307 m, avant de rejoindre la crête des Gittes. Le terrain devient plus minéral et l’exposition se fait sentir par endroits, sans que l’itinéraire ressemble à de l’escalade.
Le refuge de la Croix du Bonhomme se situe à 2 433 m. Une fois installé, les randonneurs bien entraînés peuvent ajouter l’ascension de la Tête Nord des Fours, à 2 756 m. Je la considère comme une excellente option par météo stable, mais elle transforme une première journée tranquille en étape nettement plus soutenue.
Jour 2 face à la Pierra Menta
La deuxième étape est la plus technique et la plus exigeante. Après la descente vers les chalets de la Raja, le sentier remonte par la combe de la Neuva jusqu’au col du Grand Fond, puis descend vers le lac et le refuge de Presset.
Le refuge de Presset est le grand moment de cette boucle. Sa position face à la Pierra Menta offre un panorama saisissant, surtout en fin de journée lorsque la lumière souligne les arêtes. Avec seulement 24 places selon la fiche d’itinérance consultée, la réservation n’est pas un détail, c’est la condition de départ.
Jour 3 autour du lac de Roselend
La dernière journée commence par le col Bresson et la descente vers Treicol. Le sentier remonte ensuite vers Grande Berge et Petite Berge avant de retrouver les alpages du Plan de la Lai.
Le dénivelé négatif atteint environ 980 m. C’est souvent cette journée que les randonneurs sous-estiment. Des bâtons, des chaussures bien ajustées et un rythme régulier font une vraie différence lorsque les quadriceps commencent à fatiguer.
Une variante plus douce au départ du lac de Saint-Guérin
Une autre formule de trois jours part du lac de Saint-Guérin et revient au même endroit. Elle passe par le refuge de la Coire et le refuge de Presset. Cette option est particulièrement intéressante pour celles et ceux qui veulent une organisation simple, avec un départ et une arrivée clairement identifiés.
| Journée | Distance | Dénivelé | Durée indicative |
|---|---|---|---|
| Saint-Guérin vers la Coire | 8 km | +600 m | 5 h |
| La Coire vers Presset | 7 km | +1 200 m | 7 h |
| Presset vers Saint-Guérin | 14 km | +400 m et -1 300 m | 8 h |
Le total atteint environ 30 km et 1 800 m de dénivelé positif. Le mot « douce » doit toutefois être pris avec prudence. La deuxième journée grimpe fortement et la troisième est longue. Cette variante est plus facile logistiquement, mais pas forcément plus facile physiquement.
Arêches-Beaufort propose ce parcours avec accompagnement, nuits en dortoir et repas en refuge. C’est un bon choix pour une première expérience, surtout si vous hésitez encore sur la lecture de carte ou la gestion d’un itinéraire en altitude.
Quel niveau faut-il pour partir sereinement
Je classerais cette randonnée en niveau intermédiaire à confirmé. Il faut pouvoir marcher plusieurs jours de suite, porter un sac de 7 à 10 kg et enchaîner des montées de 600 à 1 200 m sans finir complètement épuisé.
La difficulté ne vient pas uniquement du dénivelé. Les passages au-dessus de 2 500 m, les pierriers, les changements rapides de météo et la fatigue du troisième jour comptent tout autant. Une personne habituée aux randonnées de 15 km en moyenne montagne peut réussir le parcours, à condition de ne pas partir trop tard dans la saison.
La période la plus raisonnable
La période conseillée s’étend du printemps à l’automne, hors neige. En pratique, les cols peuvent rester enneigés tardivement et les premières chutes arrivent parfois tôt. Avant le départ, je vérifie toujours les conditions du jour, l’ouverture des refuges et l’état des accès routiers.
Un orage annoncé sur les crêtes doit faire modifier l’étape. Il vaut mieux partir tôt, garder une solution de repli et renoncer à un sommet optionnel que transformer une belle randonnée en course contre la météo.
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Le matériel qui compte vraiment
- chaussures de randonnée déjà faites au pied, avec semelle adhérente ;
- veste imperméable, couche chaude et protection contre le soleil ;
- carte IGN ou trace numérique utilisable hors réseau ;
- réserve d’eau et encas pour les portions sans ravitaillement ;
- drap-sac, bouchons d’oreille et petite serviette pour les refuges ;
- bâtons de marche, particulièrement utiles dans les descentes ;
- trousse de premiers soins, couverture de survie et batterie externe.
Les refuges fonctionnent souvent en dortoir, avec des sanitaires simples. La douche chaude n’est pas garantie et le refuge de Presset peut ne pas proposer de douche. Je conseille aussi de prévenir les gardiens en cas d’allergie ou de régime alimentaire particulier.
Réussir la logistique sans alourdir le sac
Le départ du Plan de la Lai est pratique en voiture, mais il faut organiser le retour avant de partir. Pour la variante de Saint-Guérin, les solutions de navette ou de taxi partagé peuvent simplifier l’accès depuis Beaufort ou Albertville. Dans les deux cas, une arrivée matinale laisse davantage de marge en cas de ralentissement.
Réservez les deux nuits dès que les dates sont fixées, surtout pour Presset. Prévoyez également des espèces, car les refuges ne disposent pas tous d’un terminal de paiement fiable. Le prix total dépend du type d’hébergement, des repas, du transport et de l’accompagnement. Pour réduire le budget, la demi-pension et un pique-nique préparé soi-même sont souvent les options les plus simples.
Le découpage des journées est une compétence à part entière en randonnée itinérante. Ceux qui préparent un autre trek peuvent aussi s’inspirer de ce choix de portion Lycian Way pour comparer distance, dénivelé, accès et possibilités de ravitaillement avant de s’engager.
Pour une sortie plus courte et moins alpine, les itinéraires entre mer et ville montrent aussi l’intérêt de choisir un parcours adapté à son temps disponible plutôt que de vouloir couvrir trop de terrain.
Marcher dans un massif vivant
Le Beaufortain n’est pas un décor vide. Les alpages sont travaillés, les troupeaux circulent et les refuges dépendent directement d’un équilibre fragile entre fréquentation touristique et vie locale.
Je reste sur le sentier, je referme les clôtures et je garde mes distances avec les animaux. Les chiens doivent être maîtrisés, les déchets redescendus et les pauses prises à l’écart des zones de pâturage. Ces gestes simples évitent les conflits et limitent l’érosion des sols.
Choisir une nuit en refuge, acheter du fromage auprès d’un producteur local ou venir en covoiturage contribue aussi à une pratique plus cohérente. Le trek gagne en qualité lorsque l’on prend le temps d’observer les paysages, plutôt que de chercher uniquement à battre un temps de parcours.
Le bon rythme pour profiter pleinement des trois jours
Pour une première expérience, je choisirais la boucle du Plan de la Lai avec deux nuits réservées à l’avance et sans ajouter la Tête Nord des Fours si la météo est incertaine. Elle offre le meilleur équilibre entre lacs, cols, refuges et grands panoramas.
Partez avec une condition physique déjà construite, gardez une marge horaire chaque jour et acceptez de modifier le tracé si la neige ou l’orage s’invitent. Sur trois jours, la réussite ne tient pas à la vitesse, mais à la capacité de marcher régulièrement, de récupérer le soir et de rester attentif au terrain.