L’essentiel pour préparer votre randonnée dans les 7 Laux
- Deux formats existent, une sortie aller-retour vers les premiers lacs ou une boucle itinérante d’environ 39 km.
- Depuis Fond de France, comptez environ 12,9 km et 1 100 m de dénivelé positif.
- Depuis Le Pleynet, l’accès demande près de 16,3 km et 1 090 m de dénivelé positif.
- Le parcours complet se réalise généralement en 3 jours, avec une nuit en refuge ou une solution de bivouac autorisée.
- La période la plus confortable va de juin à octobre, selon l’enneigement et l’état des sentiers.

Un itinéraire qui cache deux randonnées différentes
Le nom peut prêter à confusion. Le tour des lacs des 7 Laux désigne d’abord une randonnée itinérante qui emprunte une partie du GR®738 et relie plusieurs lacs d’altitude. Cette version forme une boucle d’environ 39 km, généralement parcourue en trois jours depuis Le Pleynet, Prapoutel ou le Rivier-d’Allemont.Mais beaucoup de randonneurs parlent aussi du « tour des lacs » pour désigner une sortie à la journée depuis Fond de France ou Le Pleynet. Ces itinéraires atteignent le refuge et les premiers lacs, puis reviennent par le même chemin. Pour moi, c’est la distinction la plus importante à comprendre avant de partir, car une randonnée de 6 à 7 heures n’a pas la même logistique qu’un trek de trois jours.
| Départ | Distance | Dénivelé positif | Durée indicative | Profil |
|---|---|---|---|---|
| Fond de France | 12,9 km | 1 100 m | Environ 6 h | Montée soutenue, sortie difficile |
| Le Pleynet | 16,3 km | 1 090 m | Environ 7 h | Accès long, retour par le même sentier |
| Boucle itinérante | Environ 39 km | Variable selon le départ | Généralement 3 jours | Trek d’altitude |
Les chiffres varient légèrement selon la trace GPS et les détours autour des lacs. Je conseille donc de garder une marge d’une heure sur les estimations, surtout avec un sac chargé, un terrain humide ou une pause prolongée au refuge.
Quel départ choisir entre Fond de France et Le Pleynet
Fond de France pour une première découverte complète
Le départ de Fond de France est le plus évident si l’on veut ressentir la progression alpine. Le sentier traverse d’abord la forêt, puis gagne les alpages avant d’atteindre le secteur du refuge à environ 2 138 mètres d’altitude. La montée est régulière mais exigeante, avec près de 1 100 mètres de dénivelé à absorber.
Cette option convient bien aux marcheurs habitués aux longues montées. Elle permet de rejoindre le lac Noir, le lac Carré et le lac de Cottepens selon l’itinéraire choisi et le temps disponible. Je la déconseille en revanche à une personne qui n’a jamais marché plus de 800 mètres de dénivelé dans une journée.
Le Pleynet pour réduire la partie basse
Depuis Le Pleynet, on démarre plus haut, à environ 1 452 mètres, mais la distance totale reste importante. Le chemin passe par le chalet du Gleysin, rejoint le lac Noir, longe le lac Carré puis atteint le refuge des 7 Laux. Le retour s’effectue par le même itinéraire.
Ce départ n’est pas forcément plus facile. Le dénivelé est comparable à celui de Fond de France et la randonnée demande environ sept heures selon l’allure. Dans mon expérience, le gain d’altitude de départ rend la sortie plus lisible, mais la longueur du retour fatigue fortement les jambes.
Les autres portes d’entrée du trek
Pour la boucle de plusieurs jours, Prapoutel et le Rivier-d’Allemont peuvent aussi servir de points de départ. Le choix dépend surtout de votre organisation, de la possibilité de laisser un véhicule et du sens de progression souhaité. Une boucle avec deux voitures peut simplifier le retour, mais elle demande une préparation plus rigoureuse.
Dans tous les cas, je recommande de télécharger la trace GPX et une carte topographique avant de quitter la vallée. La couverture mobile peut disparaître rapidement dans les combes, et une application seule ne remplace pas une carte hors ligne.
Les lacs à ne pas manquer sur le parcours
Le paysage ne se résume pas à une succession de plans d’eau. Chaque lac possède une ambiance différente, et c’est cette variété qui rend la randonnée si attachante.
- Le lac Noir est souvent le premier rencontré. De petite taille, il marque l’entrée dans l’univers des lacs d’altitude et offre une belle couleur sombre ou émeraude selon la lumière.
- Le lac Carré se trouve près des retenues et du barrage. Son environnement plus minéral contraste avec les zones herbeuses traversées auparavant.
- Le lac de la Sagne séduit par sa proximité avec les sommets. Par temps clair, les reliefs de Belledonne donnent au site une vraie profondeur.
- Le lac de la Motte est intéressant surtout pour les vues qu’il ouvre sur les sommets environnants.
- Le lac de Cottepens est le plus vaste du groupe. Ses rives rocheuses en font un excellent endroit pour une pause, à condition de rester à distance des zones fragiles.
- Le lac du Cos se situe en amont de Cottepens et accompagne la progression vers le col des 7 Laux, autour de 2 184 mètres.
- Les lacs Jeplan et de la Corne donnent une sensation plus sauvage, avec des combes, des barres rocheuses et des perspectives moins ouvertes.
Je préfère souvent m’attarder près de Cottepens ou de la Sagne plutôt que de chercher à voir tous les lacs au pas de course. Le meilleur souvenir vient rarement du nombre de points cochés sur une carte, mais du temps passé à observer la lumière, les marmottes et les reflets sans déranger le site.
Comment préparer une sortie à la journée ou un trek
Pour la randonnée à la journée
Avec plus de 1 000 mètres de dénivelé positif, cette sortie demande une bonne condition physique. Prévoyez au minimum 1,5 à 2 litres d’eau par personne, un repas froid, des aliments énergétiques et une veste imperméable, même en plein été.Les chaussures doivent avoir une semelle accrocheuse. Le terrain devient caillouteux et glissant près des lacs, tandis que certains passages restent boueux après la fonte des neiges. Des bâtons de marche peuvent réellement soulager les genoux à la descente.
Pour le parcours itinérant
Sur trois jours, le sac change complètement la difficulté. Je vise généralement un chargement inférieur à 10 kg hors eau lorsque le refuge est réservé, avec une couche chaude, un drap-sac, une protection contre la pluie et une petite trousse de secours.
Le refuge des 7 Laux se réserve à l’avance. Il faut confirmer ses dates, ses conditions d’accueil et les éventuelles périodes de fermeture avant le départ. Pour le bivouac, je vérifie toujours les règles locales et les secteurs autorisés, car planter une tente près d’un lac n’est pas automatiquement permis.
Organisez les étapes selon le niveau du groupe plutôt que selon une distance théorique. Une journée de 10 à 15 km en montagne peut être très longue lorsqu’elle comprend un col, des pierriers ou un terrain humide.
Quand partir et quels risques anticiper
La fenêtre la plus agréable se situe habituellement entre la fin juin et le début octobre. En début de saison, des névés peuvent encore recouvrir les passages ombragés et rendre la trace difficile à suivre. En automne, les journées raccourcissent vite et les premières chutes de neige peuvent modifier les conditions en altitude.
Le départ tôt le matin reste la meilleure stratégie. Les orages sont parfois rapides en Belledonne, et il est préférable d’être redescendu des cols et des crêtes avant le milieu de l’après-midi. Je consulte la météo en altitude, l’état des routes et les éventuelles alertes locales la veille, puis encore le matin même.
Les fiches de parcours locales signalent une zone de vigilance du 20 juin au 20 septembre 2026. Comme le détail des restrictions peut évoluer, il faut vérifier l’information actualisée avant de partir et respecter toute déviation mise en place sur le terrain.
Lire aussi : GR4 Cantal - itinéraire, étapes et conseils pour bien partir
Les troupeaux et les chiens de protection
La traversée des alpages implique parfois la présence de patous. Si un chien protège un troupeau, je ralentis, je garde mes distances, je ne cherche pas à le caresser et je contourne largement les animaux. En cas d’inquiétude, mieux vaut renoncer à un passage que provoquer une réaction défensive.
Les chiens de randonnée sont admis sur certains itinéraires s’ils restent tenus en laisse. Cela ne supprime pas le risque de conflit avec un chien de protection. Un maître doit pouvoir contrôler son animal sans le laisser courir vers le troupeau.
Les erreurs qui gâchent souvent cette randonnée
La première erreur consiste à se fier uniquement aux kilomètres. 13 km et 1 100 mètres de montée représentent une vraie randonnée alpine, pas une promenade autour d’un lac facilement accessible. La seconde est de partir trop tard parce que le départ se fait en vallée, alors que la partie difficile commence plusieurs heures après.
- Partir sans vérifier la présence de neige dans les passages élevés.
- Utiliser des chaussures souples de balade sur un terrain rocheux et humide.
- Compter sur une source non vérifiée pour remplir les gourdes.
- Suivre une trace GPS sans regarder le relief ni les variantes balisées.
- S’approcher des troupeaux ou nourrir la faune sauvage.
- Laisser des déchets, du papier toilette ou de la nourriture autour des lacs.
La fréquentation estivale peut aussi surprendre. Les rives les plus connues sont parfois très fréquentées, surtout le week-end. Pour préserver le calme du massif, je pars en semaine lorsque c’est possible, je reste sur les sentiers et je redescends tous mes déchets, y compris les restes biodégradables.
Le bon format dépend surtout de votre expérience
Pour une première approche, je choisirais Fond de France avec un objectif réaliste, le refuge et les premiers lacs, sans chercher à prolonger la journée à tout prix. Les marcheurs entraînés peuvent privilégier Le Pleynet ou préparer la boucle complète sur trois jours, avec des étapes réservées et une trace vérifiée.
Ce massif récompense la patience. En acceptant de marcher plus lentement, de faire demi-tour si la météo tourne et de limiter son équipement au nécessaire, on profite davantage des lacs et des panoramas. C’est précisément cette combinaison entre effort, prudence et respect du milieu qui transforme une belle randonnée en véritable expérience de montagne.