À plus de 1 300 mètres d’altitude, le col des Supeyres offre une porte d’entrée remarquable vers les Hautes-Chaumes du Forez. J’y vois surtout un lieu où se rencontrent grands paysages, randonnée, ski nordique et mémoire pastorale, avec des conditions qui changent fortement selon la saison. Voici les repères utiles pour préparer une sortie, choisir une activité et comprendre ce qui rend ce passage du Massif central si particulier.
Les repères essentiels pour découvrir ce col du Forez
- Altitude : le col se situe autour de 1 365 mètres, sur la commune de Valcivières.
- Paysage : il ouvre sur les Hautes-Chaumes, des plateaux d’altitude marqués par les landes, les tourbières et les anciennes jasseries.
- Été : randonnée pédestre, VTT et itinéraires équestres profitent des reliefs dégagés.
- Hiver : ski de fond, ski nordique, raquettes et snowkite dépendent directement de l’enneigement et du vent.
- Itinéraire conseillé : la boucle du Colporteur des Jasseries couvre environ 9,5 km en 3 heures, avec 263 mètres de dénivelé positif.

Un passage d’altitude au cœur des monts du Forez
Le col des Supeyres se trouve dans les monts du Forez, dans le Puy-de-Dôme, sur le territoire de Valcivières. Avec une altitude d’environ 1 365 mètres, il appartient à cet ensemble de crêtes qui relie les cols du Forez autour de Pierre-sur-Haute, point culminant du massif à environ 1 634 mètres.
Ce qui frappe ici, ce n’est pas une paroi spectaculaire, mais l’ampleur du relief. Les Hautes-Chaumes forment un vaste plateau ondulé où les arbres se raréfient, laissant place aux landes, aux prairies d’altitude et aux zones humides. Par temps dégagé, les panoramas sont bien plus ouverts que ne le laissent deviner les routes forestières des vallées.
Le site se situe dans le périmètre du Parc naturel régional Livradois-Forez. Cette protection ne transforme pas la montagne en espace figé, mais rappelle que les activités doivent rester compatibles avec les milieux fragiles, en particulier les tourbières et les secteurs d’estive.
Que peut-on faire selon la saison
Aux beaux jours, le col constitue un bon point de départ pour la randonnée à pied. Les parcours alternent pistes, chemins d’exploitation et sentiers sur les crêtes. Le VTT trouve aussi sa place dans l’espace labellisé du secteur d’Ambert Livradois Forez, avec des circuits parfois roulants et d’autres plus techniques.
Je conseille toutefois de ne pas juger la difficulté uniquement à partir du dénivelé. Sur les plateaux, le vent, le brouillard et l’absence d’abri peuvent rendre une sortie courte beaucoup plus exigeante qu’une randonnée boisée de même longueur.
En hiver, le col devient une porte d’accès à l’espace nordique Ambert-Crêtes du Forez. On peut y pratiquer le ski de fond classique, le skating, le ski de randonnée nordique et les raquettes. Les pistes balisées et damées dépassent les 100 kilomètres à l’échelle du domaine, mais l’ouverture réelle dépend de la neige, du damage et des conditions de sécurité.Le snowkite est l’une des particularités du site. Les espaces ouverts et le relief peu encaissé favorisent cette discipline, qui consiste à évoluer sur la neige tracté par une aile. Elle demande cependant une vraie maîtrise du vent et du matériel. Pour une première découverte, je recommande un encadrement plutôt qu’un essai improvisé.
Une randonnée accessible avec un vrai intérêt patrimonial
La boucle du Colporteur des Jasseries
Pour une première approche, la boucle du Colporteur des Jasseries est particulièrement intéressante. Elle mesure environ 9,5 kilomètres, demande près de 3 heures et présente 263 mètres de dénivelé positif. Son niveau est généralement considéré comme moyen, ce qui la destine aux marcheurs réguliers plutôt qu’aux débutants absolus.
L’itinéraire traverse les Hautes-Chaumes et passe près de plusieurs jasseries. Ces bâtiments d’estive servaient autrefois à loger les hommes et les troupeaux pendant la belle saison, tout en permettant la fabrication de produits laitiers. Leur présence donne au paysage une profondeur historique que l’on perdrait en se limitant à une simple lecture panoramique.
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Une option plus courte en raquettes
Le circuit balisé du Gros Rocher offre une alternative hivernale d’environ 4,5 kilomètres. Il se déroule en grande partie dans les sous-bois et convient mieux à une demi-journée, à condition que le balisage soit installé et que l’enneigement soit suffisant.La distance paraît modeste, mais les raquettes fatiguent davantage sur neige profonde ou irrégulière. Il faut aussi prévoir une marge horaire, car la lumière baisse vite sur les plateaux et le brouillard peut effacer les repères familiers.
Comment préparer sa sortie sans sous-estimer la montagne
La météo est le premier élément à vérifier. À cette altitude, une journée douce en vallée peut devenir froide et très ventée au col. Avant de partir, je regarde au minimum les prévisions de vent, visibilité, températures et enneigement, puis j’adapte l’itinéraire au niveau du groupe.
En été, de bonnes chaussures, une veste imperméable, une protection solaire et une réserve d’eau sont indispensables. Les secteurs ouverts offrent parfois peu d’ombre et peu de points de ravitaillement. Une trace hors ligne ou une carte papier reste utile lorsque le réseau téléphonique devient irrégulier.
En hiver, les équipements doivent suivre l’activité. Des raquettes ne remplacent pas des skis nordiques, et des chaussures de randonnée classiques deviennent vite insuffisantes dans la neige humide. Il faut aussi vérifier l’état de la route, le fonctionnement des services et les horaires du Chalet des Gentianes, situé à proximité du départ.
Les horaires d’ouverture et les possibilités de location peuvent évoluer avec la météo et la saison. Je déconseille donc de construire une journée entière autour d’un repas ou d’une location sans vérifier ces informations juste avant le départ.
Un paysage façonné par l’élevage et l’eau
Les Hautes-Chaumes ne sont pas seulement un décor naturel. Elles portent les traces d’un pastoralisme ancien, notamment à travers les jasseries, les clôtures et les pâturages d’altitude. L’estive a contribué à façonner ces espaces ouverts, qui seraient progressivement gagnés par les ligneux sans entretien ni pâturage.La présence de zones humides ajoute une dimension écologique importante. Les tourbières retiennent l’eau, abritent une flore spécialisée et réagissent fortement au piétinement. C’est pourquoi je privilégie les sentiers existants et j’évite de couper les lacets, même lorsque le sol semble sec.
Le col est également lié aux traditions fromagères du Forez. Les anciennes pratiques d’estive ont participé à l’histoire de la fourme, ce qui permet de prolonger la découverte par une approche gastronomique dans les villages et fermes des environs. Le paysage prend alors un sens plus complet, entre relief, travail humain et alimentation locale.
Le meilleur moment pour découvrir les Supeyres
Pour les grands panoramas et la randonnée, la période comprise entre la fin du printemps et le début de l’automne est la plus simple à organiser. Les chemins sont généralement plus lisibles et les journées longues, même si les orages imposent de rester attentif sur les crêtes.
L’hiver offre une ambiance très différente, plus silencieuse et dépouillée. Je le recommande aux visiteurs équipés qui acceptent de composer avec une ouverture variable des pistes et une météo parfois changeante. Dans tous les cas, le bon réflexe consiste à choisir une activité adaptée aux conditions du jour plutôt qu’à vouloir absolument maintenir un programme prévu plusieurs semaines à l’avance.
Le col des Supeyres mérite ainsi davantage qu’un arrêt rapide sur la route. En prenant le temps de marcher, d’observer les jasseries et de respecter les secteurs humides, on découvre un sommet doux en apparence, mais exigeant dès que le vent, la neige ou le brouillard s’en mêlent.